DELÂSHENA

Le souffle de lumière, le tremblement concentré qui rayonne de certaines rencontres contredit parfois sa propre brièveté et s’étend comme une lente alchimie sur tout le reste de la vie. Posséder ainsi pour toujours quelque chose que l’on n’eut jamais et que l’on n’aura jamais, change la condition de l’homme, modifie ses limites. Parfois les mains se touchent et parfois n’y parviv Mais les yeux se touchent ou quelque chose qui est derrière les yeux. Mais posséder ainsi, toucher ainsi, réduit encore un coin d’éternité et le fait tenir dans la cellule que nous habitons. C’est peut-être là qu’est la sagesse de l’amour, sauvée des incendies qui le dévastent.

The breath of light, the concentrated trembling that radiates from certain encounters sometimes contradicts its own brevity and extends like a slow alchemy over the rest of life. To possess thus forever something which one never had and which one will never have, changes the condition of the man, modifies its limits. Sometimes the hands touch each other and sometimes do not succeed But the eyes are touching or something is behind the eyes. But to possess thus, to touch thus, further reduces a corner of eternity and keeps it in the cell that we inhabit. This is perhaps the wisdom of love, saved from the fires that devastate it.

Roberto Juarroz

 

 

Nemidânam

à propos/about

DELÂSHENA

Shadi Fathi & Bijan Chemirani

support

Cd, poster [cover / photo : Muriel Despiau, calligraphy : Shabnam Baraki]

date

2018

lieu/location

Marseille, France